BIOGRAPHIE ARETHA FRANKLIN, LA « REINE DE LA SOUL »

Celle qui sera surnommée « The Queen of soul », ou encore « Lady Soul » est née en 1942 à Memphis (Tennessee)  dans un milieu on ne peut plus imprégné de culture baptiste : Son père, Clarence LaVaughn Franklin  est  un pasteur baptiste renommé, et un militant des droits civiques, et l’un des frères  d’Aretha, Cecil, deviendra lui aussi pasteur. Quant à sa mère, Barbara, elle est chanteuse de gospel. Aretha et ses sœurs, Carolyn (1944-1988), et  Emma (1939-2002) chantaient à l’église de Détroit dans la chorale de leur père.

L’enfance d’Aretha (entretemps la famille a déménagé dans l’état de New York, puis à Détroit (Michigan) qui sera le principal cadre de son enfance) cependant ne sera pas aussi paisible et heureuse que ne le laissait présager ce tableau familial : alors qu’elle est âgée de 6 ans, ses parents se séparent, la mère sans doute prise par ses tournées dans le pays, et c’est le papa qui se charge de la garde des enfants. La maman, il est vrai, rend régulièrement visite à ses enfants, mais l’absence d’une mère est toujours une blessure. Très tôt, Aretha est elle-même mère de deux garçons dont s’occupera la grand-mère pour favoriser sa carrière.

QU’EST-CE QUE LA « SOUL » ?

La musique soul (de l’anglais «Soul music », musique de l’âme) est un courant de la musique noire américaine initié à la fin des années 50 par Ray Charles, et dérivée principalement du gospel et du R&B (Rythm and Blues). Elle est considérée comme un retour du R&B, aux rythmes saccadés,  aux  racines dont il est issu, le gospel (les cantiques inspirés de l’évangile) ; c’est donc une musique mêlant une émotion sacrée (inspirée du gospel et des negro spirituals) à des thèmes profanes (influence de la pop).  Pour la jeunesse noire, la soul a représenté une réaction contre l’invasion du rock’n’roll d’inspiration blanche.
A côté de la soul « classique » qui s’impose dans les années 60 apparaissent des courants dérivés : le funk (James Brown, Curtis Mayfield) aux rythmes syncopés (années 70  et 80), la Latin soul, ou boogaloo, créé par les  latinos de New York, le new jack swing, le R&B/Hip Hop qui fusionnent soul et rap (fin des années 80), et enfin le nu soul (instrumentalisations hip hop et textes dans l’esprit soul, à partir de 1995).
Quelques artistes représentatifs de la Soul, à côté d’Aretha Franklin : Ray Charles, déjà cité, James Brown (the Godfather of soul »), George Clinton, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Michael Jackson, Barry White…

Au début des années 60, poussée dans la voie du jazz, elle n’obtient que de petits succès. Mais en 1967, elle change de maison de disques et de style, et ses interprétations de R&B (rythm and blues) lui apportent la gloire. Désormais, sa biographie se confond avec sa carrière. Dès avant 1970, elle est devenue « The Queen of Soul », internationalement reconnue et fierté de la communauté noire. Les années 70 sont en demi-teinte et  en 1980 elle change à nouveau de label. Cependant, en 1972, son album de gospel traditionnel est l’un des plus vendus de tous les temps. Grands succès dans la décennie 80, mais surtout aux Etats-Unis, et avec des albums de facture un peu trop commerciale. Regain de succès mondial en 1998 (« A Rose is still a Rose », album hip-hop, « Divas Live 98”, concert caritatif, avec Céline Dion, Maria Carey, etc.). En 2000, elle est non seulement interprète, mais invitée d’honneur du concert caritatif « Divas Live 2000, The One and Only Aretha Franklin ».Elle est l’artiste au monde qui aura vendu le plus de disques vinyle.

Signalons qu’en 1976 un drame frappe son père, qui est blessé par balles lors d’une tentative de cambriolage à son domicile. Il survit mais dans le coma, et s’éteint en 1984.
En 2007, elle sort une compilation comprenant ses plus grands duos. Elle participe à des événements nationaux, notamment en 2006 à la Nouvelle Orléans, suite à l’ouragan Katrina, et naturellement le 20 janvier 2009 lors de l’assermentation du président Barack H Obama.
Elle vit aujourd’hui à Détroit quand elle n’est pas en tournée.