LA DIFFÉRENCE ENTRE DIEU ET LE DESTIN

L’histoire de ce petit garçon hollandais cristallise assez bien la différence entre Dieu et le Destin :

La maison de ce petit garçon était bâtie sur une digue, en Hollande, près  d’un grand moulin à vent, dont les longues ailes frôlaient le sol, mettant en danger ceux qui s’aventuraient imprudemment près d’elles. Mais il avait tellement envie de jouer précisément sous ce moulin !

Ses parents, inquiets, lui avaient interdit de s’en approcher ; et, comme dans son entêtement il ne renonçait pas, ils cherchaient à l’effrayer en excitant son imagination par la terrifiante menace d’être frappé par les pales et d’être arraché dans les airs pour ensuite mourir sous leurs coups répétés.

Ce jour-là, insouciant de leurs avertissements, il s’était une fois encore aventuré sous les terribles ailes. Absorbé par son jeu et tout à la joie du moment présent il avait tout oublié des menaces parentales. Peut-être percevait-il inconsciemment qu’une légère brise commençait à se lever, mettant en mouvement les ailes du moulin et peut-être que tout au fond de lui il se rendait vaguement compte du danger qui le menaçait ? Peut-être… Quoi qu’il en soit ce fut le choc, aussi soudain qu’inattendu. Un violent choc par derrière lui fit perdre l’équilibre et se retrouver d’un coup tête en bas, happé dans les airs; secoué,
désemparé, désorienté. Quelle angoisse ! Quelle horreur ! Ce qu’il ne croyait pas était arrivé et c’était trop tard ! Le moulin allait le projeter et le briser comme un fétu sans même ralentir sa course aveugle.

Dans sa panique et au prix de mille contorsions il parvint à se retourner. Mais au lieu de voir le ciel et les nuages tournoyer au-dessus de lui comme il s’y attendait, c’est le visage de son père qui lui apparut ! D’un seul coup, il comprit avec stupeur que ce n’était pas le moulin qui l’avait happé, mais son père qui ne faisait que lui administrer la juste correction que méritait sa désobéissance.
S’il a fondu en larmes ce n’est pas de douleur, mais de soulagement et de joie. À cet instant il comprit la différence entre tomber entre les bras implacables d’une machine et tomber entre les mains d’un père plein d’amour.

Telle est la différence entre le fatalisme et la foi au Dieu de la prédestination. Toutes les langues des hommes ne pourront jamais exprimer l’immensité de la différence.

Histoire tirée de Benjamin Warfield : « Fatalisme et prédestinations »