L’ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE BAPTISTE DE VESOUL SOUTIENT DANS LA PRIÈRE LE PEUPLE KAREN

En particulier, l’un de nos membres a créé un site internet qui leur est consacré : « SOS KARENS – Vigie évangélique d’intercession » (www.sos-karens.fr) où vous trouverez une documentation abondante et bien plus détaillée que dans la petite notice qui suit et tente de résumer l’essentiel :

QUI SONT LES KARENS ?

C’est un peuple du sud-est asiatique, établi sur la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. En Birmanie, où ils habitent en majorité, les Karens constituent  la plus nombreuse des ethnies minoritaires qui occupent le pourtour montagneux du pays, la plaine centrale étant la zone d’occupation en grande majorité de la population birmane de souche. Leur nombre est évalué, mais de manière très vague (la zone est  de longue date en proie à une instabilité chronique), à près de 7 millions, pratiquant pour la plupart une agriculture de subsistance.

Pour information, l’ethnie des célèbres « femmes-girafes » au cou distendu par les anneaux de cuivres qu’on leur fait porter depuis l’enfance, constitue une branche des karens.

QU’EST-CE QUI REND LES KARENS DIGNES D’UN INTÉRÊT PARTICULIER ?

Il existait chez les Karens une « légende » qui disait qu’un jour un homme blanc viendrait leur apporter le «Livre de la Vérité ». Aussi les missionnaires baptistes américains conduits par Adoniram Judson, venus au XIX° siècle évangéliser la Birmanie ont-ils trouvé, lorsqu’ils sont entrés en contact avec ce peuple, à l’époque farouche, méprisé et relégué dans des zones montagneuses peu accessibles, un accueil enthousiaste de sorte que les Karens ont été nombreux à se convertir. Aujourd’hui les chrétiens (évangéliques) représenteraient une proportion voisine de la moitié des karens. Dans le monde, les peuples comportant une semblable proportion de chrétiens évangéliques ne sont pas légion, et il est assez déplorable que leur existence même soit relativement peu connue dans nos milieux, même si la Birmanie est un pays plutôt lointain, et que les français passent pour quelque peu fâchés avec la géographie ! Il est naturel que ce soit un peu moins le cas dans les pays anglo-saxons, la Birmanie ayant été au XIX° siècle un protectorat britannique. De surcroît, dès qu’ils ont reçu l’évangile et depuis, les karens ont toujours eu un grand souci de l’évangélisation, notamment parmi les autres ethnies minoritaires birmanes (Il est intéressant de savoir que certaines d’entre elles seraient chrétiennes  à près de 80 % !).

POURQUOI PRIER POUR LES KARENS ?

Jusqu’à tout récemment, le peuple karen a subi de longue date une persécution féroce qui confinait à  l’épuration ethnique, voire au génocide rampant. Seule la vigilance des défenseurs des droits de l’homme, si peu efficace qu’elle ait été (et parmi lesquels les chrétiens évangéliques français se sont trop peu fait entendre !), appuyée par les sanctions économiques, elles-mêmes bien peu efficaces, les a peut-être sauvés de l’extermination systématique. Fuyant les razzias sanglantes de l’armée birmane, les réfugiés se sont entassés par milliers dans des camps établis à la frontière en Thaïlande (ils sont en tout quelque 150 000), où ils subsistent sans autre perspective d’avenir que l’asile politique accordé à quelques-uns d’entre eux par des pays comme les Etats-Unis ou le Canada. Encore aujourd’hui (la signature d’un cessez-le-feu entre l’armée birmane et la résistance karen date seulement du début 2012 !), l’état karen reste un pays quadrillé par l’armée birmane, où les seules infrastructures sont les routes militaires desservant les camps militaires birmans, où l’armée birmane a tenté de regrouper la population sur des sites imposés par elle, mi-réserves (comme celles où on a parqué les amérindiens aux Etats-Unis), mi-camps de concentration dans des zones impropres à la culture.
Mais même cette précarité, même compte tenu de la prudence qui s’impose, car les Birmans par le passé ont maintes fois pris des engagements non tenus, constitue pour les Karens un immense soulagement après une guerre impitoyable de quelque 60 ans ! une trêve totalement inespérée il y a seulement un an. C’est à nos yeux un merveilleux exaucement, plus que de nos prières à nous, de celles des chrétiens du monde entier depuis bien des années, des années et des années où les espérances raisonnables ne cessaient de s’amenuiser dans une situation de plus en plus désolante. Nous y voyons au contraire une occasion d’actions de grâces et un puissant encouragement  qui renforce notre foi en notre Dieu qui parfois juge bon d’exercer notre patience et notre persévérance, mais qui sait intervenir dans l’histoire de façon à la fois mystérieuse et puissante le moment venu.

POURQUOI PERSÉVÉRER DANS LA PRIÈRE POUR LES KARENS ?

Nous croyons que l’heure n’est pas au relâchement dans l’intercession pour les Karens, bien au contraire.
D’une part, soixante ans de guerre ont laissé béantes de terribles blessures. Des orphelins, des femmes violées, des gens détruits par les traumatismes et les privations, des mutilés (encore chaque jour des gens, des enfants sautent sur des mines anti-personnelles …). A terme, que vont devenir les réfugiés des camps de la frontière thaïlandaise, pour peu que la  normalisation de la situation permette d’envisager la fermeture de ces camps ? Ils pèsent lourd sur la Thaïlande et une forte pression est exercée par elle dans ce sens depuis longtemps. Il existe encore bien des sujets de manifester, au moins par la prière, notre sollicitude dans l’amour fraternel pour le peuple karen, nous qui sommes appelés à « porter les fardeaux les uns des autres », à « pleurer avec ceux qui pleurent ».
D’autre part, les perspectives d’avenir qui pourraient s’ouvrir pour le peuple karen méritent elles aussi d’être portées dans la prière. Quel avenir pour le peuple karen, pour l’état karen dans l’ensemble birman ? Ce dernier constitue en principe une fédération, et les Birmans comme les autres ethnies ont un fort intérêt à ce qu’un réel fédéralisme  puisse s’instaurer et fonctionner harmonieusement. Or, le fédéralisme n’est certes pas dans les gènes de l’état birman ! Les luttes du passé ont rapproché les militants démocratiques birmans, partisans d’Aung Sang Suu Kii, des Karens auprès desquels ils se sont réfugiés pour fuir la répression. La participation de ces démocrates au nouveau régime, si minoritaire soit-elle, offre peut-être aux Karens une occasion inespérée de peser dans un sens bénéfique sur l’avenir de la Birmanie, eux qui ont toujours été traités par le pouvoir birman comme une population parasite indigne de la citoyenneté. En tout état de cause, l’état karen, empêché pendant des décennies de se développer, est tout entier à construire, et ne le sera bien que par les Karens eux-mêmes.

Et quel avenir pour l’Eglise de Jésus-Christ du pays karen ? Ces indomptables patriotes qui se sont cramponnés à la terre du pays karen en dépit d’une impitoyable persécution n’ont jamais fait du nationalisme karen une fin en soi. Leur foi en Christ les a dès l’origine amenés à se sentir au service d’une cause bien plus large que le lopin de terre contesté qu’ils appellent leur patrie. Et d’évangéliser les peuples frères. Et dans les années 1970, de recueillir les boat people fuyant le Vietnam communiste, et, encore aujourd’hui, d’organiser à travers toute la Birmanie des missions de secours pour les peuples persécutés par l’armée. Chrétiens de France, nous sommes bien loin de tous ces enjeux pour nous en mêler. Mais c’est dans un ensemble bien plus large que le petit état karen, nous semble-t-il, au moins à l’échelle de l’Asie du sud-est, (à peine plus près, l’Inde, à peine plus loin, la Chine, sans parler de la Corée du sud, commencent à ,constituer des minorités évangéliques qui comptent) et pourquoi pas du monde entier que doit se concevoir la vocation à « long » terme (si tant est qu’il y ait encore un long terme pour le monde tel qu’il est) des chrétiens karens, et je ne crois pas me tromper en supputant que c’est ainsi qu’eux-mêmes voient les choses. Tout compte fait, on peut considérer que les Karens, davantage que d’autres peuples de dimensions analogues, entrent dans notre sphère de prière si nous voulons bien ne pas trop la limiter. « Elargis l’espace de ta tente », écrivait déjà Esaïe : un conseil à suivre !

Encore plus d’informations et de précisions sur : www.sos-karens.fr